Cinq domaines, des règles précises. Sans complémentaire santé, le RAC 0 n'existe pas sur le dentaire, l'optique ou l'auditif. Ce guide vous explique ce qui est vraiment couvert — et ce qui ne l'est pas.
Lancée en 2020, la réforme garantit un accès sans reste à charge dans cinq domaines. Elle repose sur un mécanisme en trois conditions cumulatives — si l'une manque, le zéro reste à charge n'existe pas.
Le ticket modérateur est la part laissée à la charge de l'assuré après remboursement de la Sécurité sociale — généralement la différence entre la BRSS et le remboursement effectif. Sans complémentaire santé, le RAC 0 n'existe pas. La Sécurité sociale seule ne garantit pas le zéro reste à charge — vous payez le ticket modérateur même sur les équipements du panier 100 % Santé.
Le dentaire est le domaine le plus complexe. Les prothèses sont classées en trois paniers selon leur matériau et leur type. Chaque panier obéit à des règles de remboursement entièrement distinctes.
HLF (Honoraire Limite de Facturation) = prix plafond que le dentiste facture. BRSS = base sur laquelle la Sécurité sociale calcule son remboursement. Ces deux montants sont très différents. La Sécurité sociale rembourse 60 % de la BRSS (120 €), pas 60 % du HLF. La complémentaire couvre l'écart jusqu'au HLF.
En vigueur depuis le 1er janvier 2020. Tout opticien est légalement obligé de vous proposer une offre de classe A.
Verres simples foyers (ou unifocaux) — corrigent un seul défaut visuel : myopie, hypermétropie ou astigmatisme. La grande majorité des porteurs de lunettes.
Verres progressifs (ou multifocaux) — corrigent à la fois la vision de près et de loin en un seul verre. Prescrits à partir de 40-45 ans pour la presbytie.
La dioptrie — c'est l'unité de mesure de la correction optique. Un verre à −2 dioptries corrige une myopie modérée. Plus le chiffre est élevé (en + ou en −), plus la correction est forte et plus le verre est complexe à fabriquer.
La loi traite l'optique comme un seul poste de soins — pas deux garanties séparées (classe A et classe B). Un contrat responsable ne peut donc pas appliquer un délai de carence sur l'un ou l'autre : dès le 1er jour du contrat, vous êtes couvert sur l'ensemble du poste optique, quelle que soit la classe choisie (art. L.871-1 et R.871-2 CSS — position ACPR).
Le domaine où l'impact de la réforme a été le plus fort. Avant 2021, le reste à charge moyen sur une aide auditive atteignait 1 500 €. Depuis, les appareils de classe I sont remboursés sans reste à charge.
Une aide auditive (ou audioprothèse) est un dispositif médical miniaturisé qui capte les sons, les amplifie et les restitue dans le canal auditif. Elle compense une perte auditive diagnostiquée par un audiogramme — elle ne guérit pas la surdité, elle la compense.
Il en existe plusieurs types selon la morphologie et le degré de perte : contour d'oreille (le plus courant), intra-auriculaire et écouteur déporté. Le choix est fait par l'audioprothésiste après évaluation.
À distinguer de l'implant cochléaire — dispositif chirurgical réservé aux surdités profondes, posé sous anesthésie générale — qui n'entre pas dans le dispositif 100 % Santé.
Depuis le 1er janvier 2026, les prothèses capillaires médicales entrent dans le dispositif. L'arrêté du 16 octobre 2025 crée une classification en 4 classes selon la composition. Le remboursement AMO est un forfait fixe de 350 € pour toutes les classes — pas un pourcentage.
Une prothèse capillaire médicale est un équipement destiné à compenser une alopécie (perte de cheveux) d'origine médicale : chimiothérapie, pelade, maladie rare, brûlures. Elle se distingue d'une perruque portée pour des raisons esthétiques — seule l'alopécie médicalement justifiée ouvre droit au remboursement.
Elle peut être synthétique, mixte (fibres + cheveux naturels) ou entièrement en cheveux naturels. La classe détermine la composition et le niveau de prise en charge.
À ne pas confondre avec les extensions capillaires ou les greffes de cheveux — actes esthétiques sans remboursement. Une prescription médicale est obligatoire pour bénéficier du remboursement.
La calvitie masculine classique (alopécie androgénétique) n'ouvre aucun droit au remboursement. Les remboursements concernent exclusivement les alopécies médicalement justifiées — chimiothérapie, pelade, maladies rares — sur prescription médicale.
Depuis le 1er décembre 2025, les fauteuils roulants inscrits sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP) sont pris en charge intégralement par la Sécurité sociale. La Sécurité sociale devient le financeur unique — la complémentaire santé n'est plus nécessaire pour atteindre le RAC 0.
Acquisition et location longue durée (> 6 mois) : fauteuils roulants manuels, électriques ou sportifs · poussettes · cycles modulaires · scooters modulaires inscrits à la LPP. Prise en charge intégrale par la Sécurité sociale seule. RAC 0 sans complémentaire santé.
Location courte durée (< 6 mois) : pour les besoins temporaires (convalescence, rééducation). La réforme prévoit une prise en charge partagée entre la Sécurité sociale et la complémentaire santé — le RAC 0 nécessite donc un contrat dans ce cas. Contactez votre complémentaire santé pour connaître les modalités exactes de prise en charge.
Période transitoire : jusqu'au 30 novembre 2026, l'ancienne et la nouvelle nomenclature coexistent. À partir du 1er décembre 2026, seul le nouveau cadre s'applique.
Un point souvent mal compris, avec des conséquences financières importantes en cas de changement de contrat.
| Domaine | Offre RAC 0 | Offre libre | Renouvellement | Condition clé |
|---|---|---|---|---|
| Dentaire | panier 100 % Santé | Panier maîtrisé · Tarif libre | Sur devis | Dentiste conventionné + contrat responsable |
| Optique | Classe A | Classe B | 2 ans · 1 an enfant | Contrat responsable + opticien |
| Auditif | Classe I | Classe II | 4 ans | Prescription + contrat responsable |
| Capillaire | Classe I · II | Classe III · IV | 1 an | Prescription + distributeur agréé |
| Fauteuil roulant | LPP — AMO seule | — | Selon besoin | Prescription + inscrit LPP |